Août 2000 - Benicassim - Le Mouv'
(retranscrit par Lutin Noir)

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Interview Placebo

Intervieweur :
Et je peux vous dire qu'ici la pression monte. Placebo monte sur scène à 00h30, et avant leur concert, Brian Molko et Stefan Olsdal 2 des 3 Placebo nous font le plaisir de venir nous rendre visite.
Alors je vous l'avoue, c'est pas en direct live complètement, c'était pendant le concert d'Autour de Lucie.

Brian, à quelques heures de votre concert est-ce qu'on peut dejà commencer à parler de votre futur troisième disque ?

Brian Molko :
Ben on va jouer 5 ou 6 nouvelles chansons ce soir du nouvel album qui s'appelle Black Market Music.
Stefan Olsdal :
Le premier single est Taste in men.
Brian Molko :
Et notre prochain single qui s'appelle Slave to the wage.
Et, euhm. Alors c'est un album qui, c'est un peu une distillation de tout ce qu'on a essayé de faire avant et à cause des circonstances dans lesquelles on a été présenté, ou peut-être un petit peu de naïveté, on trouve nous personnellement qu'on n'a pas totalement réussi. Cette fois on a pris beaucoup de contrôle sur la production de l'album, et finalement on pense qu'on a réussi de mettre le son qui était dans notre tête sur un disque. Euhm, j'pense que c'est un album qui est plus sophistiqué, qui est plus complexe qu'avant, qui a des éléments des deux premiers. Euhm, alors ça va plaire aux fans, aux fans du premier album qui est plus punk, et aux fans du deuxième album qui est plus mélancolique. Y'a aussi des p'tites nouvelles directions, euh, y'a des influences hip-hop, y'a des influences dance, et y'a des, euh, dance industrielle sur Taste in Men, particulièrement. Mais Taste in Men n'est pas une chanson qui est très représentative de l'album, du son de l'album. Et c'est pour ça qu'on la sorti en premier, bien sûr.

Intervieweur :
Sur le disque d'avant vous aviez sorti une chanson en français sur une face B de single qui s'appelait Mars Landing Party. Est-ce que avec le nouvel album vous allez nous réserver une surprise dans le même genre avec par exemple une chanson en suédois, Stefan ?

(Rires)

Stefan Olsdal :
J'pense pas, mais il y a toujours les b-sides, qu'on fait comme des experiment (ndla : expérience), et aussi des cover-versions comme Johnny & Mary by Robert Palmer. Et, des, des surprises.
Brian Molko :
On a déjà fait une version française de Burger Queen, aussi. Euhm, mais en ce moment on n'a pas de plan pour ça.

Intervieweur :
Ce soir sur la grande scène du festival de Benicassim, avant votre concert à vous, il y a Elastica. Vous avez partagé le même label à vos débuts.

Brian Molko :
Pas du tout !
(rires)

Intervieweur :
Ah ?

Brian Molko :
Ah, mmm.
Stefan Olsdal :
Seulement le single.
Brian Molko :
Sur un single, ouais ouais.
Intervieweur :
Au tout début, hein, j'entend bien.
Stefan Olsdal :
Seulement pour un single.

Intervieweur :
Est-ce que vous avez encore, enfin, quels sont vos liens en fait avec Justine et le groupe Elastica aujourd'hui ?

Brian Molko :
Ben le seul lien vraiment qu'il y a entre nous et Elastica, c'est leur nouveau guitariste, qui était dans un groupe qui s'appelait Linoléum. Linoléum qui aussi a, j'pense qui a marché un p'tit peu en France ?

Intervieweur :
On le passe dans Le Mouv', ouais.

Brian Molko :
Alors, et on a fait une tournée ensemble. Et, alors c'est bien de revoir un vieux pote. Euhm.
Stefan Olsdal :
Euhm, et oui, le chanteur de Linoléum elle chante sur Taste in Men et une autre chanson sur l'album aussi.
Brian Molko :
Carolyn Finsh de Linoléum a chanté sur Special K et Taste in Men. Ouais.

Intervieweur :
Et donc aujourd'hui en fait vous n'avez plus vraiment de lien avec par exemple Justine d'Elastica.

Brian Molko :
Non, non. On n'a même pas le même dealer.
Stefan Olsdal :
Non !
(Rires)

Intervieweur :
Pourtant à priori, y'en n'a pas tant que ça derrière la scène.

Brian Molko :
Je sais pas pour être honnête. Pas avec toi.

Intervieweur :
Euhm, dans un magazine français qui s'appelle Les Inrockuptibles, y'a un papier, dans le dernier numéro, que tu as écrit Brian où tu parles d'un polaroïd.

Brian Molko :
Euh euh.

Intervieweur :
Que une fan t'a remis il y a longtemps. Enfin aux débuts

Brian Molko :
Ouais.

Intervieweur :
De Placebo. Est-ce que tu peux nous parler de cette photo ?

Brian Molko :
Ben j'ai pas encore, j'ai pas encore vu cet article que j'ai écrit pour Les Inrockuptibles. Alors euh.
Mais ce que je leur ai donné, c'est un p'tit dessin que mon neveu a fait et aussi un polaroïd qui a été jeté sur scène par une fan adolescente. Elle avait l'œil au bord-noir. Et j'ai trouvé la juxtaposition de ces 2 images très très très intéressantes parce que l'image de mon neveu pour moi représentait l'innocence, une innocence totale, une innocence totale de l'enfance ; et l'image, le polaroïd représentait pour moi la souffrance et la douleur que la plupart des teenagers ressentent dans cette période très très difficile de la vie qui est l'adolescence.

Intervieweur :
Tu disais tout à l'heure Brian que vous aimiez être pris dans le tourbillon du Show-business, du circuit du Rock'n'Roll, est-ce que c'est une manière de rester justement avec votre adolescence, Stefan par exemple ?

Stefan Olsdal :
Ah ouais, euh. Je crois que la musique c'est si on peut faire la musique euhm, for living. C'est, euhm, it's "the dream come true", basically.
Brian Molko :
J'ai toujours ressenti d'être dans un groupe rock. C'est une façon d'essayer de rester à l'âge de 17 ans ou 18 ans. C'est un p'tit peu comme un élixir de jeunesse.

Intervieweur :
Et aujour'd'hui…

Brian Molko :
Y'a qu'à regarder Bowie, il est encore jeune ce mec (rires).

Intervieweur :
C'est un p'tit peu votre rêve à vous de ressembler à Bowie dans 30 ans ?

Stefan Olsdal :
J'espere.
Brian Molko :
Oh, si on peut être aussi bien foutu que lui à 53 ans, ça serait bien. (rires)

Intervieweur :
Ben en tous cas je pense que ça va bien se passer dans les années qui viennent pour vous. On était vraiment ravi de vous avoir ce soir. Merci vraiment d'avoir fait l'effort de venir.

Brian Molko :
Merci.

Intervieweur :
Alors que y'a beaucoup de bruit autour de nous.

Brian Molko :
C'est vous

Intervieweur :
Et à tout à l'heure en concert en direct.

Brian Molko :
Merci à vous, Au revoir !
Stefan Olsdal :
Au revoir