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2000
- Interview Pink
(retranscrit par Anaïs)
Présentatrice : En 3 albums, 5 ans d'existence, Placebo a fait de l'effet au public, les tests le prouvent, le groupe était numéro 1 en vente d'albums en France cet automne. Le chanteur, l'ambigü Brian Molko c'est arrêté à l'Olympia pour deux concerts. Pink est aller voir pourquoi les fans lui réservent ce traitement de ferveur.
Extrait du clip 36 degrees
Voix off : N'ayez pas peur, vous écoutez juste le groupe qui donne envie de retrouver un peu d'espoir et de foi dans le rock, un genre musical qui n'étonne plus personne depuis longtemps. En 5 ans et trois albums Placebo enfant naturel des Cure coté pop et de Sonic Youth coté punk on montré qu'on pouvait créer un son inédit même en 2000. On fait les présentations : l'américain Brian Molko pour le chant et la guitare, le suédois Stefan Olsdal a la basse et l'anglais Steve Hewitt pour la partie batterie. Caméra sous le manteau, Pink est allé juger sur pièce, les 2000 fans un rien jeunots présents à l'Olympia début novembre sont sûrement heureux d'avoir les oreilles qui bourdonnent encore d'un son épuré et surpuissant. En backstage, Brian Molko qui a grandit au Luxembourg parle français comme vous et moi et en plus ..en plus il dit ce qu'il pense.
Brian Molko : Je savais pas que j'avais des interviews jusqu'à hier. C'est un petit peu chiant pour être avec vous. (rires)
Je pense que la grosse réputation de Placebo qui a été le mythe qui a été crée c'est parce qu'on a toujours été honnête dans les interviews heuum, quand d'autres groupes ne le sont pas. Etre dans un groupe rock ou être dans un groupe ça te, ça te donne beaucoup de liberté, ça te donne heu l'opportunité de rester un adolescent toute ta vie.
(extrait d'un concert)
Si on essaie d'écrire des chansons comme Oasis le font, d'une façon heu..
Pink : irréaliste (pas sûr)
Brian Molko : Nan ça fait pensé à Carlos, tout le temps.
Pink : (rires)
Brian Molko : Heu..si on essaye de..si on essaye d'écrire des chansons qui sont universelles on tombe toujours je pense dans le cliché, alors il faut, il faut être le plus honnête poss-possible, il faut être le plus personnel possible et puisqu'on est tous fait, crées des même émotions, c'est comme ça que ça devient universel. Je suis, je suis attiré par heu par le coté un petit peu plus macabre de de des émotions humaines.Voix off : Aujourd'hui Placebo c'est plusieurs millions d'albums vendus dans le monde entier, une musique aux accords binaires, violente ou très mélodique et des paroles mêlant amour, sexe sentiments torturés ou même mise à bas des Etats-Unis, tout ça retranscris par la voix métallique de son chanteur. On sait que Brian Molko, personnage énigmatique porte le groupe sur ses épaules, pour l'instant rien de neuf mais il existe d'autre raison au succès de placebo.
Jean-Daniel Beauvallet ( les inrockuptibles) : Si la formule marche chez Placebo c'est parce qu'ils ont eu l'intelligence de pas rester à l'étroit dans la pop a guitare strict au sens (?) là où se sont embourbés des groupes comme Oasis, eux ont quand même été plus intelligents ont intégré des éléments, ils écoutent d'autres musiques donc ils les ont prisent en compte. Et je pense que c'est ça qui sauve Placebo de, de, de l'effondrement de la pop anglaise a guitare.
Voix off : Dans les vidéos de leur dernier album, Black Market Music vendu a plus de 100.000 exemplaires en France, la maison de disque a sûrement compris l'intérêt d'exploiter le coté androgyne et éthéré du personnage de Brian Molko.
Jean-Daniel Beauvallet ( les inrockuptibles) : La personnalité de Molko elle pour 90% au succès de Placebo. Placebo avec un bouddha au chant n'aurait jamais eu ce succès, non seulement c'est un type qui a vraiment de l'allure mais en plus un type assez brillant qui a un discours assez passionnant qui a une personnalité trouble, ambiguë, qui n'en joue pas trop non plus, qui et qui est à l'affût de tout ce qui ce passe aussi bien au niveau de la mode que de la musique, donc oui c'est un type passionnant. Un peu ce que faisait Bowie, son héros dans les années 70 qui piquait les idées de l'avant-garde et qui les traduisait pour le grand public, c'est ce que fait Molko avec Placebo.
Voix off : Fan de Bowie peut-être mais les sources d'inspiration du groupe viennent aussi puiser dans ce que la culture musicale a fait de meilleur : Jacques Brel.
Brian Molko : Ouais, je suis obsédé avec Jacques Brel, c'est ben c'est les paroles de Jacques Brel, qui m'ont, elles me font pleurer et heu j'ai rarement écouté des paroles aussi poétiques et aussi belles et aussi vraies et aussi heu violentes aussi.
Dans 20 ans j'aurais 48 ans, je serais probablement chauve et gros moins que Louis Chedid peut être (rires).Voix off : Oui, oui, oui, oui Brian. En France coté musique on serait plutôt prozac que guronzan, mais pour Placebo, nous . On s'extasie.