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18
septembre 2003 - Charivari, France Inter
(retranscrit par Meryl)
Interview de Brian Molko et Stefan Olsdal dans l'émission Charivari
18 sept 2003Frédéric Bonnaud: Bonsoir Brian molko
Brian: Bonsoir
Frédéric Bonnaud: Alors, les auditeurs vont être tellement étonnés -enfin, ceux qui ne savent pas,
qui ne vous connaissent pas, qui n'ont pas lu d'interview de vous- Pourquoi vous parlez
aussi bien français? Pas "aussi bien" d'ailleurs, parfaitement!Brian: Bah j'ai grandi heu, bah d'abord c'est dans le sang, mon grand-père était français alors, ouais c'est dans le sang et puis j'ai grandi au Luxembourg, Stefan aussi, alors heu on a grandi dans un pays francophone, j'ai grandi avec la télé française, j'ai appris le français à l'école
Frédéric Bonnaud: Par exemple le monsieur qui est à côté de moi là, Michel Polac, vous aussi vous le voyiez à la télévision.......
Brian: Ah oui absolument!
Frédéric B:........quand vous étiez petit?
Brian: ( à Michel P) C'est un vrai plaisir de vous rencontrer! (rire de tout le monde)
Alors ouais j'ai grandis avec la culture française, le cinéma français et heu....et voilà c'est une langue que j'adore heu.....Je pense que quand j'étais adolescent, je parlais peut-être un ptit peu mieux heu que....Frédéric B: (le coupe étonné) Encore un petit peu mieux?!
Brian: Encore un ptit peu......ouai mais t'sais je le perds un petit peu parce que je vis à Londres mais heu, c'est ....c'est une très belle langue alors....ouai, ouais.
Michel Polac: Il a même pas l'accent Luxembourgeois hein! (rires)
Brian: Non quand...je...je parlais le Luxembourgeois quand j'étais tout petit j'ai fais la maternelle Luxembourgeoise mais j'ai totalement oublié heu....le luxembourgeois mais c'est....
Frédéric B: (le coupe) Quelle langue!
Brian: (en rigolant) Quelle langue ouais
Frédéric B: Vous êtes de nationalité américaine
Brian: Américaine et britannique, ouais j'ai double nationalité.
Frédéric B: Et que faisaient vos parents au Luxembourg?
Brian: Heu mon père est banquier et euh ma mère est....
Frédéric B: (le coupant) Donc le Luxembourg est un pays de banques ouais.
Brian: Ouais ouais voilà.
Michel Polac: Y a que des banquiers au Luxembourg, fallait pas lui poser la question parce que y a que des banquiers! (rires)
Frédéric B: Stefan Olsdal?
Stefan: Ouais? Bonjour
Frédéric B: Bonjour , Vous aussi?
Stefan: (en français!!) Ouais c'est la même chose, c'était les an...années 80 alors, et le Luxembourg c'est un petit Suisse heu pour les banques, c'était bien ....alors c'est...On n'a pas eu le choix moi et Brian, c'était nos parents.
Frédéric B: Vos parents. Et quand vous parlez de cette adolescence au Luxembourg, vous décrivez, tous les 2 d'ailleurs, un climat absolument sinistre.
Brian: Bin, c'était pas aussi sinistre que ça je suppose. Y a mon frère, mon frère aîné qui a...qui a eu son adolescence au Luxembourg et il s'est vraiment très très amusé, mais j'pense que dans les années 80, ça s'est vraiment calmé, y avait vraiment pas grand chose à faire.
Stefan: Non, pas de concerts......
Brian: Non
Stefan:.....Choses comme ça.
Brian: Non....Alors, alors on, Stef et moi, séparément, parce qu'on était à la même école mais on n'était pas potes, on se parlait pas, et heu....séparément on s'enfermait dans nos chambres heu à coucher, on écoutait de la musique, on a appris à jouer la guitare, c'est tout ce qu'on avait à faire alors heu....c'est un ptit peu à cause du Luxembourg qu'on est ici maintenant alors heu mais c'est sûrement un ptit peu heu..... la vie était lente là-bas.
Frédéric B: Lente
Brian: Ouais ouais et culturellement ça a pris un temps, maintenant c'est....c'est beaucoup mieux là-bas, ces jours-ci. Ils ont des clubs, ils ont des beaux bars, et y a beaucoup de groupes qui vont là-bas...et qui jouent là-bas. On vient d'y heu....d'y retourner, on a joué à la Patinoire où j'allais faire le.....où j'allais avec ma mère, et toi ( à stef)....et toi c'était ton premier concert, non, n'est-ce-pas?......
Stefan: Ouais
Brian: .........de Neil Young.
Frédéric B: La Patinoire, c'est une grande salle de concert au Luxembourg?
Brian: Ouais ouais, c'est la Patinoire de Kockelscheuer (prononciation Luxembourgeoise)
(rires)
(ensuite Brian dit quelque chose en Luxembourgeois d'incompréhensible!) (rires)Frédéric B: Et la musique, c'était donc quand même vital, c'était là où devait passer l'énergie des adolescents que vous étiez
Brian : Ouais, c'était le refuge, c'était une façon de s'échapper heu....à tout, de créer son monde à soi, à s'exprimer, de faire quelque chose créatif, de se sentir moins.....alienné.
Frédéric: Et c'était directement les disques que vous ach....vous achetiez beaucoup de disques?
Brian: Ah bah, y avait, ça c'est un truc, y avait de très bon disquaires
Frédéric B: Y avait de bon disquaires?
Brian: Et y a encore des bon disquaires au Luxembourg, ouais ça c'est vrai, alors je passais le heu la plupart du temps dans les disquaires et.....la plupart de mon "pocket money" heu mon argent de poche sur les disques.
Frédéric B: Hum hum. Et vous lisiez la presse rock aussi?
Brian: Non pas du tout.
Frédéric B: Pas du tout , non (rires)
Et comme ça quand on est adolescent, moi j'me souviens de ça pour le cinéma, je regrette parfois cette époque là, quand on a 12,13,14ans, on aime tout. C'est à dire qu'on aime la musique comme on aime le cinéma, on a pas encore un esprit critique très aiguisé. Est-ce que vous écoutiez tout? Est-ce que vous aimiez tout? Ou très vite vous avez choisi les groupes et les chanteurs qui vous plaisent vraiment?Brian: J'pense que.....y avait une certaine innocence c'est vrai heu j'écoutais vraiment......heu en même temps qu'écouter des trucs....heu....j'avais une phase très musique des années 60, la musique psychédélique, les "Grateful Dead" avec Jerry Garcia et tout ça, heu Janis Joplin que j'adore encore, heu et c'est une de mes meilleures héroïne, et en même temps, -une de mes idoles-, en même temps j'écoutais Madonna, y avais biensur le, on est des enfants des années 80, alors y avait le disco, y avait heu.......
Stefan: Mickael Jackson
Brian: Ouais, ouais, et même Sheila avec "Spacer" et des trucs comme ça.
Frédéric B: (étonné) Sheila?! wah!
Brian: Ouais, des, des trucs, les Gibson Brothers, Boney M et tout ça, c'est ça qui passait à la télé alors ouais on est des enfants disco hein, plutôt que......
Stefan: Ouais y a Barry White aussi.....choses comme ça
Frédéric B: Hum hum. Et quand est-ce que votre goût s'est affirmé? Plus tard?
Brian: Pour....pour la musique?
Frédéric B: Pour la musique, ouais.
Brian: Moi j'ai commencé à jouer la guitare à l'âge de 16ans mais moi je voulais être acteur alors j'suis heu, à 17ans, j'suis aménagé à Londres pour faire l'université, heu j'ai eu mon diplôme puis...j'ai décidé que j'voulais pas le faire, hum, alors après ça j'ai passé......
Frédéric B: (le coupant) C'était un diplôme de quoi?
Brian: Un diplôme d'arts dramatique.
Frédéric B: D'arts dramatique. Et vous avez arrêté?
Brian: Et j'ai arrêté ouais.....parce que j'me sentais mal dans ma peau et j'me suis rendu compte que.....c'que je voulais faire c'était vraiment d'être.....dans un groupe rock. Voilà et heu j'ai refusé de....prendre un boulot jusqu'à ce que j'ai......heu que je puisse avoir un contrat de disque alors j'ai passé 2ans et demi au chômage, pour le faire et heu j'pense....après un an et demi j'ai rencontré Stef par.....par heu.....complêtement par chance, par accident dans une station de métro.
Frédéric B: A Londres, vous vous étiez retrouvés à Londres tous les 2 par hasard en fait.
Stefan: Ouais ouais, il y a 10 ans maintenant, je crois.
Brian: Ouais. (à Stef) Et toi tu étudiais la musique et moi je cherchais des gens à monter un groupe avec alors....la coïncidence était trop grande pour pas ce rendre compte qu'il y a peut-être quelque chose qui se passait et puis bah ouais.....en étant, des gens qui se connaissent de l'école mais qui se parlaient pas, on est sorti prendre un pot ensemble et puis on a découvert qu'on avait beaucoup plus en commun qu'on aurait pu imaginer et heu......
Frédéric B: (le coupant) C'est à dire que vous avez découvert que vous écoutiez les même disques par exemple?
Brian: Non c'était plutôt les trucs de la vie, c'était plutôt les choses qui étaient importantes pour nous heu.....en tant que.....liberté, sexualité, la vie et heu....voilà c'était le début.....et ce jour là on s'est rencontré dans le métro, nos vies ont changé complêtement et pour le mieux, hein!
Frédéric B: D'autant plus extraordinaire qu'il y a vraiment beaucoup de monde dans le métro de Londres, quand même pour se rencontrer dans le métro de Londres, y faut le faire!
Brian: Ouais y faut le faire, ouais!
Frédéric B: Et Placebo, le nom, comment il est venu?
Brian: Bin, on cherche toujours un nom qu'on trouve magnifique, on le trouve jamais et on.....pense pas vraiment à ce que ça veut dire jusqu'à ce que les journalistes commencent à vous poser des questions sur votre nom, heu...si il......
Frédéric B: (le coupant) Alors pourquoi vous vous êtes appelé comme ça?
Brian: (terminant sa phrase).........a un bon son. Parce que ça sonnait bien, heu....avec un groupe rock il faut toujours choisir un nom que tu peux imaginer 50000 personnes entrain de gueuler en unisson, alors heu PLA-CE-BO PLA-CE-BO, ça marche. (rires)
Michel Polac: Et pour une fois c'est pas un mot anglais, alors ça va!
Brian: Ah ouais, en plus c'est latin, ouais.
Frédéric B: C'est un mot international. Et quand je vois le titre du dernier album "Sleeping With Ghosts", est-ce que vous dormez avec vos fantômes? La question est un peu bête comme ça parce que je prends le titre, mais est-ce que vous vous êtes réconcilié un petit peu, ce qu'on peut entendre peut-être dans la musique, avec les fantômes de votre jeunesse, de votre adolescence?
Brian: C'est plutôt un exorcisme, c'est....une sorte de thérapie en publique....heu....c'est quelque chose de très drôle, étrange mais....c'est très vital pour moi, j'ai.....c'est à cause de ça que j'ai pas besoin de visiter un psy.....hum, ça veut dire, c'est la mémoire et c'est la relation que tu as avec ta mémoire à toi, et moi j'voulais découvrir si la mémoire était subjective ou objective et j'ai découvert qu'elle est complètement subjective.....heu....les fantômes.....de SWG ils sont les gens ou les évènements que tu portes avec toi, heu dans ton âme, dans ton subconscient, qui sont encore avec toi, et qui ont un effet sur ta vie quotidienne, hum....et c'est les gens ou les évènements qui t'ont changé et qui vivent encore en toi et j'ai trouvé ça intéressant et j'voulais explorer cette relation subjective avec la mémoire.
Frédéric B: Mais est-ce que parler de ses fantômes comme ça, ça permet aussi de les rendre inoffensifs? Parler d'eux, comme ça il ne viennent plus vous hanter, ils ne viennent plus vous faire du mal?
Brian: Absolument. Bah moi c'est pour ça que j'ai dit que c'était un exorcisme, tu sors....tu exorcises ces démons et comme ça tu peux avoir un discours plus objectif avec ces démons parce que tu as fait quelque chose de positif avec, tu as écris une chanson dessus, et tu commences à te comprendre....hum....et ça t'apprends quelque chose et je trouve ça très intéressant et j'trouve qu'on est vraiment....heu....on a beaucoup de chance et on est vraiment béni d'avoir cette cette opportunité de s'exprimer que....comme on a, c'est vraiment.....c'est quelque chose de splendide!
Frédéric B: Et quand vous écrivez une chanson comme ça, sur des choses aussi intimes, Brian Molko, y a aucunes inhibitions, on peut tout dire dans une chanson?
Brian: Presque.
Frédéric B: Presque?
Brian: Presque. Il faut quand même avoir un "safty net". Il faut quand même avoir un......une ligne dans le sable.
Frédéric B: Un point de sécurité.
Brian: Ouais ouais, quand même, pour que ça devienne pas un journal intime, c'est quand même.....une chanson c'est l'art, hum....c'est pas un documentaire.
Frédéric B: Hum hum. On va écouter quélqu'un que vous aimez bien, je crois, il s'appelle Serge Gainsbourg.
Brian: Ah! Fantastique!
Frédéric B: Et c'est "Je t'aime moi non plus"
(passage de "Je t'aime moi non plus")
Racontez Brian, je savais pas, donc vous avez repris cette chanson?Brian: Oui j'ai bossé avec un producteur français qui s'appelle Dimitri Tikovoi, il a projet qui s'appelle "Trash Palace" euh.....et puis avec John Cale des Velvet Underground était dessus et j'ai fait " Je t'aime moi non plus" avec Asia Agento, l'actrice et euh......
Frédéric B: (le coupant) Une de mes actrices préférées
Brian: Bah ouais en plus est-ce que vous avez vu "Scarlette Divas", son film, c'est un chef d'oeuvre!
Frédéric B: Biensur!
Brian: Et alors, mais ce qu'on a fait, on a inversé les rôles, c'est moi qui a fait Birkin et c'est Asia qui a fait Serge.
Frédéric B: ça aurait été trop simple!
Brian: Ouais (rires)
Frédéric B: Quand Placebo est né, est-ce que le succès a été immédiat? Est-ce que tout de suite ça a bien marché?
Brian: C'était le troisième 45tours qu'on a sorti de notre premier album heu....qui est allé directement n°4 dans les Charts anglais, et ça nous a choqué. Moi j'ai jamais cru qu'on serait des artistes "mainstream" hum......j'ai toujours cru qu'on serait un groupe que les musiciens aimeraient bien ou qu'on resterait culte pour beaucoup plus longtemps
Frédéric B: Qu'on se passerait le mot de Placebo un peu comme un mot de passe.
Brian: Ouais, mais heu.....quand ça c'est arrivé, c'est....d'accord tu prends ça à bras ouverts mais quand même, c'était vraiment une surprise, hum.....mais c'était parce que......on parlait de ça avant, parce que quand on a sorti notre 1er album, c'était......."Britpop" et nous on était vraiment pas à la mode du tout alors on était.......ce groupe étrange qui s'est manifesté à Londres, alors je sais pas c'est pour ça parce que on était si différents, si pas à la mode que les gens ont commencé à regarder, mais c'était......moi j'étais étonné qu'une chanson qui parle de.....hum.....de......de drogues et.....d'homosexualité se trouve dans les Charts.......hum.......comme "Je t'aime moi non plus" qui a été le seul, le seul.....la seule chanson française jamais qui a fait le numéro 1 en Angleterre. Alors....c'était drôle et après ça on s'est trouvé dans une.....dans un toboggan, une montagne Russe du Rock'n'roll et.....
Frédéric B: Et c'est là que ça devient le plus difficile?
Brian: Ah non, là c'était du fun, c'est devenu très très fun.....hum....assez dingue.....heu mais mes mémoires de ce temps là sont assez floues parce que je me suis bien amusé! (rires)
Michel Polac: Et qu'est-ce que c'est les Charts, ça veut dire le Box Office?
Frédéric B: Exactement, Michel!
Michel Polac: Ah bon, alors on a pris un mot anglais pour un autre mot anglais.
Frédéric B: Non, non Box Office, non c'est trop compliqué, les Charts vous allez comprendre: Hit Parade
Brian: Ah le Hit Parade!
Michel Polac: C'est pas très français non plus!
Frédéric B: Peut être mais c'est comme ça qu'on appelé ça ici, le Hit Parade.
Brian: Et le Hit Parade, le Week-end, ouais ouais!
Frédéric B: Pour rester sur les étiquettes, donc on parlait d'ce vieux truc là qui avait un peu été inventé par la presse quand même, qui s'appelait la "Britpop" où on nous rabattait les oreilles, la guerre entre Oasis et Blur ect..... Le "Glam Rock", est-ce que ça, ça existe ou est-ce que c'est aussi une invention?
Brian: ça a existé mais ça a eu vraiment pas.....ça n'a pas été vraiment une inspiration pour nous du tout.
Frédéric B: Et quand on vous a collé l'étiquette Glam, ça vous a agacé?
Brian: Ouais ça nous a agacé, c'est enquiquinant, c'est parce que on a l'honneur d'avoir travaillé avec Bowie et c'est parce qu'on a fait un film sur le "Glam Rock" que immédiatement les journalistes fainéants se sont dits: "Ah y sont un groupe Glam Rock maintenant!". Je leur dit quand un acteur joue un serial killer dans un film, ça veut pas dire qu'il est un serial killer dans la vrai vie c'est......c'est le cinéma.....c'est pas la même chose. C'est peut être parce qu'on porte du maquillage qu'ils se sont dit "d'accord Glam Rock-Glam Rock" mais on est trop jeune pour avoir été affecté par le "Glam Rock", nous on le disait, on est des enfants de la disco, de la New Wave et du Post Punk et......
Michel Polac: Faudrait des sous-titres pour des gens comme moi, je comprends rien de ce qu'ils disent!
Frédéric B: Le "Glam Rock"?! Mais c'est ce que Brian et moi on se tue à vous expliquer, michel!
Michel Polac: Ah bon?! (rires)
Frédéric B: Glam c'est pour glamour.
Michel Polac: Oui je m'en suis douté.
Brian: ça va mieux ou pas? (Rires)
Frédéric B: Donc c'est un rock très théâtral, très mis en scène.
Brian: Ouais, les années 70 avec Gary Glitter et Ziggy Stardust par Bowie vous connaissez? C'est Bowie qui a inventé le Glam.
Michel Polac: Je ne peux pas vous dire oui, je ne connais rien.
Frédéric B: Mais là Brian, on est dans le pur problème de l'interview, c'est jusqu'à quand on remonte alors, si avec Michel il faut remonter jusqu'à Presley on va pas s'en sortir, hein!
Michel Polac: Oh non avec moi il faut remonter jusqu'à Charles Treney alors on est foutu là!
(rires)
(à Brian) Mais, la musique classique ça vous a intéressé à un moment?Brian: Ah oui, beaucoup.
Frédéric B: à un moment donné ou toujours d'ailleurs.
Brian: Toujours, toujours. Des gens comme.....bah....on est assez obsédé par Yoyoma, il fait des....des suites de Bach.
Frédéric B: Grand violoncelliste!
Brian: Et puis y a Arvo Part qui heu....qui vraiment qui me comble, qui m'étonne. Moi je suis intéressé par la musique sacrée.....heu.....du VIème siècle, à des gens comme Alégri ect..... C'est vraiment la musique qui me fait pleurer hum.....et ouais, c'est important jke trouve que y a pas assez de musiciens qui écoutent d'autres genres de musique que seulement ce qu'ils font, je pense que la plupart des gens qui sont très....qui ont beaucoup de succès dans le R'N'B et dans le Hip Hop n'écoutent pas assez de Rock, de Classique, de Jazz, de trucs comme ça et ça ce voit dans leur musique et heu.....on a jamais été historiquement heu.....c'est quoi le mot......heu......préjugé contre la musique, nous on s'en fout que quelle année la musique a été écrite, on est pas chronologiquement obsédé, c'est la qualité qui est importante. Les êtres humains y ont pas vraiment changé depuis des centaines d'années, on est vraiment.....c'est toujours les mêmes émotions.....alors....c'est très important.
Stefan: (Toujours en français!) Ouais, pour nous c'est important de faire un fusion des genres de musique parce que ça c'est l'avenir de la musique, je crois. Parce que il y a tant de musiques, on a eu tellement d'années de musique alors pour la musique, pour être moderne, pour obtenir un futur, alors on croit que....la fusion est très important.
Frédéric B: C'est à dire que pour un musicien d'aujourd'hui, il faut avoir tout écouté et connaître le plus de choses possibles?
Brian: Absolument, absolument. Sinon on se coupe une jambe ou bien un bras en tant qu'artiste, c'est pas intéressant si on écoute seulement ce qu'on fait.
Frédéric B: Et en même temps Brian, c'est une question que je voulais vous poser: Vous faites du Rock c'est à dire y a une voix, une guitare, une batterie, une basse et c'est quand même des chansons Rock avec un format, ça dure 2min30, 3min, 3min30, 4min.... Vous faites pas des concept album de 2heures ou de la musique expérimentale, vous tenez quand même à ça.
Brian: Ouais je trouve, moi je trouve notre dernier album peut être le plus expérimental, y a du jazz, y a du reggae dessus, y a du Miles Davis....y a heu.....du Dub.....hum.....y a plein d'électronique dessus....hum c'est que on, que....qui ait une batterie, une guitare, une basse et dans le studio, moi et Stef on joue tout, on a pas les rôles fixes, (en parlant de Stef) y joue à la guitare, y joue la basse, y joue le clavier, le piano, moi aussi....et tout le monde, Steve aussi il peut prendre n'importe quel instrument et y peut faire quelque chose avec et ça c'est très important pour nous, d'avoir cette liberté, c'est ça qui, je pense qui nous pousse à trouver des sons différents et des trucs qui nous raffraîchissent, et si ça nous raffraîchit, on espère que ça raffraîchira les autres.
Stefan: Et en même temps on aime la pop, les groupes comme Blondie et.....ABBA et.....choses comme ça. Il y a un côté de Pop chez Placebo aussi, alors les format 3 minutes par exemple heu....les structures et les mélodies ça me plait aussi.
Frédéric B: Non mais voilà, vous n'auriez pas l'idée de dire que vous faites du rock progressif, comme on disait à lépoque qui maintenant est synonyme d'ennui
Stefan: No, it's Muse!
Brian: Non on laisse ça à Muse ouais, c'est le boulot de Muse, pas Placebo!
(Rires)
Michel Polac: Je sais pas non plus ce que ça veut dire "album concept" (rires)Frédéric B: Non, mais j'y renonce. (rires)
Brian Molko, quand vous êtes monté sur scène la première fois, quand il a fallu, vraiment affronter la scène et défendre vos chansons avec le groupe sur scène, est-ce que ça a été un grand plaisir de se constituer votre personnage avec le maquillage, le côté androgyne, ou c'était aussi une forme de vous protéger?Brian: Non, non, non c'était une...y a vait une évolution, j'ai pas commencé, j'suis pas né avec du mascara sur la gueule, c'était une évolution pour être.....heu quand on est musicien, on passe beaucoup de temps à se trouver son identité mais on le fait en publique, alors on fait beaucoup de bêtises mais on les fait en publique c'est....c'est comme ça alors ça a pris un ptit peu de temps, c'est vrai, mais j'étais complêtement pétrifié pendant les premiers concerts, absolument pétrifié.
Stefan: Ouais alors on a vomi, pour le concert, tous les trois, avant.
Brian: Ouais c'était dingue....heu....j'avais ce feeling toujours que ma place en tant qu'être humain serait sur une scène et je suppose que c'est ça qui m'a poussé à faire ça.
Frédéric B: Et quand la presse anglaise raconte des conneries, pour le dire franchement, sur vous, des saloperies, des calomnies, vous vous dites que ça fait parti du cirque, que ça fait parti du jeu, que c'est pas grave, ou ça vous blesse?
Brian: Bah, si on est un être humain sensible, biensur que ça vous blesse, mais quand même ce sont des jaloux, ce sont des gens qui peuvent pas faire ce que vous faites alors je.....y a une culture très très différente en Angleterre qui y a ici en France en tant que la presse et la presse musicale. En France et en Belgique, les BD, la bande dessinée est considérée comme un art et quelque chose comme ça n'arriverait jamais en Angleterre, et ici on traite les artistes avec du respect et en Angleterre, les journalistes, parce qu'ils sont jaloux, y veulent te.....c'est comme un reflex de.....et il veulent sentir qu'ils sont supérieurs à toi et c'est pas que je veux être supérieur aux journalistes, j'veux seulement qu'on me traite avec un petit peu de respect parce qu'on bosse comme des dingues pour ce qu'on fait, alors c'est super rafraîchissant de venir ici et d'être traité comme un être humain parce que on est plutôt traité comme une commodité là-bas. En général. J'parle pas seulement de Placebo, j'parle de tout le monde et heu....y a une immense pression sur les groupes, d'être le groupe du mois et le mois d'après c'est quelqu'un d'autre, y a pas vraiment de fidélité avec la presse, c'est drôle. La seule façon d'arrêter tout ça c'est d'arrêter de lire votre presse. Y a Andy Warhol qui a dit: "Il faut jamais lire ta presse, il faut seulement le peser" (rires)
Frédéric B: La scène c'est très important, de faire des concerts? Parce que vos concerts sont connus pour leur intensité, enfin voilà, quand on va voir Placebo, on attend à être bouleversé, on va pas écouter comme ça des chansons.
Brian: Et nous aussi, on attend, en temps que musicien, on attend d'être bouleversé par le publique aussi, c'est.....c'est un échange, il faut que le public prenne quelques pas vers l'artiste et que l'artiste prenne quelques pas vers le public pour que ils se rencontre et que là......y ait un échange d'énergie qui est magique je trouve, quand c'est vraiment un très bon concert.
Frédéric B: Brian, Stefan, vous serez le 15 octobre à Lille au Zénith, je crois qu'on a rajouté une date supplémentaire le 19 parce que c'était plein et ensuite y a à Rennes, Paris le 18, c'est déjà complet, vous pouvez rajouter une date? (rires) non j'parle pour les fans.
Stefan: Pour déjeuner!
Brian: Ouais on f'ra une matinée!
Frédéric B: Ah une matinée, comme au théâtre!
Michel Polac: Vous devez avoir beaucoup de fans parce que quand je suis arrivé, j'ai vu plein de jeunes filles!
Frédéric B: Michel, au Hit Parade justement, pour employer une expression que vous aimez bien, y avait Emmanuelle Béart, qui est venue dans cette émission cette été, on pouvait plus passer là, dans le studio et puis là: Brian et Stefan, bah ça y est, ils l'ont battu, voilà c'est le plus de monde devant la vitre. (rires)
22 octobre à Lyon, 23 octobre à Marseille, 28 ctobre à Montpellier, 29 Otobre à Toulouse.
Et j'voudrais qu'on écoute une autre partie de votre travail, Stefan et Brian Molko, c'est des reprises. Donc vous avez fait un album, qui en fait va avec le nouvel album, et vous avez repris par exemple "Jonnhy and Mary" de Robert Palmer. Alors tout le monde connait cette chanson parce que vous savez.....Brian: (hésitant) Papa.....ouais
Frédéric B: C'est la publicité d'une célèbre marque de voiture! On l'écoute tout de suite.
(passage de "Jonnhy and Mary")
C'était Placebo, Brian Molko qui reprend "Jonnhy and Mary" de Robert Palmer.
Merci infiniment à tout les deux, si vous voulez rester écouter Michel Polac, vous pouvez rester, sinon vous pouvez filler. Merci Beaucoup Stefan Olsdal, merci Brian Molko.Stefan: Merci.
Brian: Merci à vous et merci aux auditeurs aussi et pour tout le monde, pour votre amour et votre support "Please, keep the streets and keep the peace!"
Frédéric B: Merci beaucoup à tous les deux.
Retranscription faite par Clara.P, Lyon